Les acteurs... comme sujet d'étude
Pour comprendre les acteurs, notamment les acteurs collectifs,
les institutions, les bénéficiaires et leurs
réseaux, ainsi que les acteurs du tiers-secteur,
il s’agit d’identifier leurs marges opérationnelles,
leur capacité à se positionner et/ou à mettre
en œuvre des projets, des réponses innovatrices.
Il est nécessaire également de cerner leurs
logiques, tant individuelles que collectives, leurs stratégies,
les formes et modalités de leur pouvoir d’agir.
Les projets soutenus par le réseau de compétences
viseront à mieux appréhender les relations
des acteurs entre eux et avec les instances administratives
et politiques. Les collaborations entre acteurs privés
et publics, la prise en compte de démarches participatives,
l’interdisciplinarité vécue ou simplement
proclamée sont des terrains d’observation
privilégiés.
Concrètement, les changements dans l’intervention étatique
modulant de façon de plus en plus complexe les actions
de ses propres services, des institutions para-étatiques,
les différents ajustements qui y sont liés
ou consécutifs constituent des voies fécondes
d’interrogation. Il s’agit notamment de la
division et du partage des tâches, de la délimitation
de territoires d’intervention, de la mise en place
d’institutions intermédiaires, de la stimulation
et l’émergence de nouveaux types de lecture
et de mode d’intervention liés au soutien
de la citoyenneté.
Le RECSS privilégie ainsi les approches et les
analyses qui promeuvent les possibilités de créer,
par le partage des expériences et le croisement
des regards, des espaces conceptuels ainsi que l’élaboration
et la mise en œuvre de nouvelles formes d’action
et de pratiques par les acteurs eux-mêmes : il soutient
l’élaboration et la promotion de modèles
d'intervention visant à modifier les pratiques,
pour les orienter vers un renforcement de la participation
active des populations concernées.
Les quelques exemples qui suivent
montrent les changements de rôles qui se font jour
et l’émergence
de nouvelles modalités de collaboration, de participation
et de régulation de patients ou de citoyens qui
se mettent en place aux confins du social et de la santé :
- Des patient(e)s atteint(e)s du cancer du sein, de la prostate, des
personnes handicapées qui se regroupent pour interroger le champ
médical et orienter les professionnels pour mieux répondre aux
besoins des personnes et identifier des propositions d’action en vue
d’améliorer leur qualité de vie.
- Les habitants d’une ville, d’un quartier qui partagent du
pouvoir avec les professionnels du social et de la santé avec le
milieu associatif et les autorités locales pour bâtir ensemble
des actions participatives.
- Des professionnels du social, appuyés par la société
civile, qui se muent en médiateur avec les mondes économique
et politico-social pour faciliter le développement de projets
d’insertion.
- La prise en charge par le milieu1 et
la collaboration entre professionnels dans les soins
aux personnes âgées et aux
personnes souffrant de problèmes psychiques qui permet de
réduire la mortalité et l’hospitalisation de cette
tranche de la population2.
L’étude des logiques suivies par les acteurs dans les
zones de contact est extrêmement fertile, en particulier pour
la recherche appliquée. Elle permet un dévoilement plus
aisé des
enjeux et des luttes de pouvoir, car les acteurs sont
amenés à
produire de nouveaux discours et à modifier leurs habitudes, voire
à improviser. Les chercheurs s’emploieront à
étudier les changements dans la production d’idées
et la négociation de pratiques nouvelles, qui s’apparentent à ceux
qu’on observe dans des zones géographiques
frontières entre cultures ou langues différentes3.
Sur un plan plus épistémologique, le RECSS
privilégie ainsi une option originale, celle de
laisser les acteurs en position, et légitimes d’être
eux-mêmes sujets et non objets d’étude.
En conséquence, au plan méthodologique,
le réseau s’emploiera à développer
les approches et les analyses qui promeuvent les possibilités
de créer des
espaces de prise de conscience, d’élaboration
conjointes, d’approches plurielles par les acteurs eux-mêmes4.
À côté des approches qualitatives
ou quantitatives habituelles utilisées dans le champ
du social et de la santé, le Centre de compétences,
s’appuyant sur les expériences des membres
du réseau, préconise une variété d’approches
conformes à ses options de principe.
Apprendre des acteurs… c’est les inviter à être
eux-mêmes sujets et non objets d’étude
C’est privilégier des modes
de recherche et d’interventions participatifs, des
démarches scientifiques5 faisant appel aux propres
discours des acteurs en développant des approches
plurielles.
Exemples d’esquisses et de projets
soutenus par le RECSS :
- Représentations de la Vieillesse - vieillissement
professionnels-les santé-social
- Composantes et constitution d’une identité professionnelle
valorisée et valorisante chez les personnes en
formation professionnelle initiale
- Conséquences du suicide d’un-e client-e
sur les professionnels-les de l’action socio-sanitaire
et leurs pratiques …
- Etude sur la trajectoire de personnes toxico-dépendantes
ayant suivi un séjour socio-thérapeutique
et création d’un répertoire d’expériences
signifiantes à l’usage des intervenants
dans le champ des addictions
- Les trajectoires développementales des personnes
atteintes de troubles envahissants du développement
: analyse longitudinale
Illustration
par des
recherches de l'axe acteurs (pdf)
Notes